Donnons aux gens un présentation, puisqu'ils la veulent.
Il s'adressait a moi d'une voix a la fois douce et ferme, qui ne laissait pas d'autres solutions que de répondre. Quelque chose dans sa personnalité imposait le respect a l'audience entière. Il m'ordonna de répondre a ses questions. Sans réfléchir. Instinctivement.
Il commença ;
- Regardes autour de toi. Qui es - tu ?
- Un oiseau qui prépare son envol.
- Une question que tu te poses.
- Pourquoi le coquelicot préfère -t -il s'envoler que se laisser cueillir ?
Les mots jaillissaient de moi avec conviction, et cette même force qui est propre a l'évidence. Ils étaient moi.
- Une reponse a cette question.
- Liberté.
- Regardes autour de toi. Qui est - tu ?
- Le vent.
Les questions continuaient. Le jeu m'avait envahi.
- Une pensée ?
- Eux.
- Une force ?
- Le sourire.
Un lien se créait. Les interrogations n'étaient que des invitation au dialogue. Il me regardait avec une intensité brulante. Et il continuait, sans jamais ralentir ou hésiter.
- Qu'est ce que le blanc ?
- Une multitude de couleurs.
- Qu'est ce que le noir ?
- Un blanc trop pur.
- Regardes autour de toi. Qui es - tu ?
- Le reflet que je lis dans vos yeux.
Une saine tranquillité m'envahissait. Il n'y avait aucune difficulté. Tout glissait avec douceur. Velours. Il me dévisagea quelque secondes avant de me demander :
- Maintenant, offres moi juste un mot.
- Originalité. Le mot avait sonné juste. Son immobilité se brisa le temps d'un demi sourire. Puis il se retourna, et disparu parmi les songes. Avec cette grâce propre aux hommes libres. J'etais affranchi de la superficialité des hommes.
Le temps échappe aux hommes.
La paix est nécessaire.
L]a photo immortalise.

